Laissons jouer les enfants!

Publié le par Olga Trostiansky

A lire dans le Libération du jour, l’hilarant reportage d’Emmanuelle Peyret, assistant à une démonstration d’un fabricant de poupées avec des enfants de 6 à 8 ans.

L’industriel du jouet organise des animations dans toute la France. L’objectif (outre la vente de poupées) ? Transformer les garçons en « papas modernes » et les filles en « mamans en herbe » dès trois ans.

barbie-au-balai.jpgLe reportage nous permet d’assister à une impressionnante perversion de ce qu’on appelle les jeux symboliques, ces jeux d’imitation durant lesquels les enfants « font comme », libèrent leurs émotions, se déchargent de certaines tensions, sociabilisent avec les autres enfants, etc. Les enfants comprennent très bien, en jouant à la poupée ou à la marchande, qu’ils sont dans le registre du symbolique, de la fiction. Durant les ateliers Matell-Coroll, les animateurs entreprennent de formater les jeux des enfants, édictent des règles d’adultes (ne pas secouer la poupée, ne pas lui donner un nom de garçon si c’est une poupée « fille »).

Lutter contre les stéréotypes sexistes dès la petite enfance, c’est assurément une bonne chose – nos professionnel-les des crèches parisiennes s’y emploient d’ailleurs, étant régulièrement sensibilisés à cette question. Mais autoriser un garçon à jouer à la poupée et une fille aux petites voitures, ce n’est pas pour en faire un papa modèle ou une future conductrice exemplaire !

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