Petite enfance : nous pouvons être fiers du bilan de Bertrand Delanoë

Publié le par Olga Trostiansky

Hier est paru dans le Figaro une tribune du journaliste François Hauter intitulée "Bataille de chiffres autour des crèches" qui ne pouvait rester sans réponse. La voici :
 
Monsieur,
 
Votre papier sur les « batailles de chiffres autour des crèches » me fait réagir à plusieurs titres. Tout d’abord, ce ne sont pas 4.516 places de crèches et de haltes-garderies qui ont été ouvertes sous cette mandature, mais 5.816, ce qui représente 163 crèches et haltes-garderies. Chaque Parisien peut constater qu’elles existent.

Une autre chose m’a profondément choquée : ces places, nous les aurions offertes « à nos électeurs ». Ce temps là est passé, les places de crèches sont aujourd’hui attribuées par des commissions transparentes car pluralistes, sauf dans quelques arrondissements : le 15ème, le 8ème, le 17ème. Ces arrondissements n’ont d’ailleurs pas été négligés, 1.099 places ont été ouvertes pour les seuls 15ème et 17ème arrondissements. Faut-il vous rappeler que seules 20 places ont été ouvertes entre 1995 et 2001 dans le 17ème ?

Ce n’est pas là l’essentiel. Vous nous dites qu’il manquerait des personnels dans les établissements petite enfance. Je tiens à m’inscrire en faux contre ces affirmations : les enfants ne sont pas en danger dans les crèches parisiennes. Et pour cause : 1.152 postes ont été créées depuis 2001 pour renforcer les équipes et ouvrir de nouvelles crèches. Personne n’a été déshabillé et si des auxiliaires de puériculture ou des agents techniques sont parfois absents, il ne s’agit ni d’une situation nouvelle ni d’une situation parisienne. Bien des mesures ont été prises pour mieux valoriser le personnel et pour le fidéliser : bourses d’étude, meilleure gestion des congés annuels, projets d’établissements… Ce sont les seuls éléments qui peuvent nous différencier des autres collectivités, car la rémunération des fonctionnaires n’est pas fixée par la mairie qui les emploie, mais par une négociation nationale.

Faites donc un tour dans les villes des Hauts-de-Seine et comptez le nombre de crèches et de haltes-garderies qui ont été fermées pendant des mois par des collectivités incapables de recruter. Elles n’en sont d’ailleurs pas responsables, les agents qualifiés dont nous avons besoin n’étant pas formés en nombre suffisant. L’accueil des enfants est à Paris un grand dessein auquel ont été consacrés de grands moyens, notamment pour renforcer la qualité d’accueil : élaboration des premiers référentiels pédagogiques parisiens, généralisation de l’alimentation issue de l’agriculture biologique, possibilité d’accueil à temps partiel en crèche, attention portée aux enfants porteurs de handicap ou de maladie chronique…

Enfin, je tiens à vous signaler un dernier point. Vous semblez croire que l’accueil des jeunes enfants est exclusivement le problème de leurs « mamans » et que celles-ci ne travaillent que parce qu’elles y sont obligées. Je vous rappelle que les pères sont de plus en plus présents dans les crèches et dans la vie de leur enfant. Car les Parisiennes ont choisi de travailler ET d’avoir des enfants. La municipalité les soutient dans ce choix, nous nous sommes battus au quotidien pour que cette Ville réponde avec enthousiasme au choix de vie des familles. Si beaucoup reste à faire et à perfectionner, je crois que Bertrand Delanoë aura donné une impulsion décisive à l’accueil de moins de trois ans à Paris.

Publié dans petite enfance

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