Un nouveau lieu pour aider les personnes sans-abri à se reconstruire

Publié le par Olga Trostiansky

J'ai inauguré cette semaine le centre de stabilisation des Enfants du Canal situé avenue de l'Observatoire (14e). Vous vous souvenez peut-être que cette association est née de l'action des Enfants de Don Quichotte sur les rives du canal Saint-Martin. L'association, avec Emmaüs, a relogé dans des bâtiments municipaux de la rue Saint-Jacques une partie des personnes qui campaient au bord du canal. Pour laisser la place à des logements étudiants, les deux associations ont été relogées dans deux bâtiments du quartier Port-royal.

L'installation du centre des Enfants du Canal marque le soutien affirmé de la Ville et de ses partenaires aux associations oeuvrant aux côtés des sans-abri, avec le constat partagé que la rue ne doit pas être un lieu de vie, qu'on ne peut se satisfaire de mesures d'assistanat purement caritatives. C'est en tout premier lieu dans la lutte contre l'exclusion qu'il s'agit d'être créatif.

A Paris, nous soutenons pleinement les initiatives comme celle des Enfants du Canal, qui consiste à offrir aux sans-abri un lieu où l'on s'arrête, où l'on reprend son souffle, où l'on se reconstruit, entouré et accompagné par des travailleurs sociaux vraiment à l'écoute. Le projet allie le respect de l'intimité et de la liberté des résidents à une vraie réflexion sur le vivre ensemble qui donne aux résidents un rôle pivot dans la gestion du centre. En responsabilisant pleinement ses usagers plutôt qu'en les considérant comme des assistés, les Enfants du Canal partagent la politique que la collectivité parisienne veut promouvoir en matière d'hébergement : nous voulons en effet sortir de la logique du tout-dortoir dans le respect de la personne humaine, et inscrire l'insertion au cœur de notre politique en direction des sans-abri.

C'est pourquoi, après avoir financé la création de 1.000 places depuis 2001 et la rénovation de 2.000, nous créerons 2.000 nouvelles places de qualité sous forme de centres d'hébergement, de maisons relais ou encore de logements d'insertion, et nous poursuivrons les efforts d'humanisation des centres vétustes.

Si la prise en charge des sans-abri relève des compétences de l'Etat, la Ville s'est beaucoup investie dans ce domaine autour de plusieurs priorités, en proposant des conditions d'hébergement dignes qui s'inscrivent dans un parcours de relogement, en développant les aides à la vie quotidienne en faveur des personnes sans domicile, dans une perspective d'insertion sociale et de retour à l'autonomie du plus grand nombre.

Mais Paris ne doit pas être seule à produire cet effort car la capitale concentre déjà 64% des places d'hébergement de la Région et les opportunités foncières sont rares. En effet, là où Paris compte une place d'hébergement d'urgence pour 472 habitants, ce ratio est de une place pour 2.126 habitants dans les Yvelines et une place pour 2.049 dans les Hauts-de-Seine. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en rappelant à leurs obligations les collectivités locales d'Île-de-France en matière de création de places d'hébergement d'urgence et de logements accessibles aux personnes démunies lorsque celles-ci ne respectent pas la loi SRU.

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