Les 15 ans du SAMU social

Publié le par Olga Trostiansky


Mardi 28 octobre en soirée, nous avons fété les 15 ans du SAMU social, une soirée d'hommage à ce groupement d'intérêt public, à son fondateur Xavier Emmanuelli et à l'ensemble des porfessionnels qui s'y activent. Une occasion aussi de se questionner sur la mission de l'Etat et sa manière de l'assumer.  Je vous laisse découvrir mon intervention.

C’est au nom du Maire de Paris que je tiens tout d’abord à remercier toutes celles et tous ceux qui par leur courage, leur détermination, leur altruisme et leur professionnalisme nous donnent l’occasion de nous retrouver ce soir pour un anniversaire émouvant et symbolique de 15 ans d’humanité.
 Tout d’abord je voudrais saluer Xavier Emmanuelli pour avoir fait naître une conscience citoyenne de l’immense détresse dans laquelle se trouvaient de nombreux hommes et femmes et pour avoir impulsé d’une manière décisive la mise en œuvre d’une véritable politique de l’urgence
Depuis, cette conscience terrible de la misère à notre porte, dans nos rues, a gagné chacun de nous et porte aujourd’hui un nom terrible : l’exclusion.
Etre exclu, c’est être hors de tout, c’est souffrir, c’est l’altération profonde de sa relation au monde, c’est ne plus pouvoir vivre avec les autres.
Il est donc de notre devoir de protéger et d’agir, ensemble, toujours plus, pour tenter que les plus démunis puissent retrouver dignité et réconfort.
A Paris depuis 2001 avec Bertrand DELANOË, nous nous sommes engagés résolument dans cette voie, avec l’ouverture de 1000 places nouvelles et la rénovation de 2000 autres qui permettent d’accueillir plus dignement les plus exclus.
Nous ne pouvons ignorer , que près de 150 000 foyers vivent sous le seuil de pauvreté, que les besoins alimentaires ont augmenté de 8 %, que la crise à venir risque de grossir ces chiffres déjà si alarmants.
Le 115 est aussi un bon indicateur des besoins.
A cet égard, nous sommes très inquiets, à l’approche de l’hiver, de l’insuffisance des capacités d’hébergement pour les sans abri dans la capitale et en Ile de France alors que le 115 n’est déjà plus en capacité de répondre à toutes les demandes. Il serait inacceptable que le Gouvernement ne réponde pas à cette situation d’urgence sociale et humanitaire alors qu’il en a la compétence. Le Maire de Paris s’est engagé à créer 2000 places d’hébergement et de maisons relais d’ici 2014. Nous avons d’ors et déjà mobilisé le patrimoine foncier de la ville pour ouvrir 3 nouveaux centres cet hiver. Nous réfléchissons aussi à mieux prendre en compte les grands « cassés », les SDF vieillissants, les sans abri atteints de pathologies psychiatriques lourdes mais nous avons besoin du soutien financier de l’Etat pour que ces projets aboutissent. Le gouvernement a annoncé un renforcement des équipes mobiles de psychiatrie intervenant auprès de ce public : j’espère que cette annonce va se traduire par des mesures concrètes dès cet hiver dans la capitale, sachant que la ville est prête à accompagner cet effort.
Cette lutte, ce combat quotidien opiniâtre et déterminé, c’est ensemble que nous devons le mener en unissant nos forces et nos espoirs.
Ensemble cela veut dire aussi avec les associations auxquelles je tiens solennellement ici à rendre hommage au nom du Maire de Paris.

Je ne les citerai pas toutes mais je remercie chacune pour l’immense travail chaque jour accompli.

 Ensemble, c’est aussi et peut être surtout avec l’Etat, avec le Préfet de Paris M. Claude KUPFER avec lequel nous travaillons chaque mois pour veiller et faire avancer nos dossiers communs. La coordination des interventions de l’Etat, de la ville et des associations a produit des résultats depuis le mouvement engagé par les enfants de Don Quichotte et nous devons continuer dans ce sens.
Ce devrait être aussi avec le Préfet de Région que j’ai alerté lors d’une récente rencontre sur l’urgence que vous avions à mettre en commun nos forces, nos ressources, notre intelligence, nous les départements franciliens pour proposer une offre plus harmonieuse, plus efficace et plus humaine. Depuis plusieurs années, le Maire de Paris demande au gouvernement une programmation régionale de l’offre d’accueil et l’ouverture dans ce cadre de 5000 places nouvelles sur l’Ile de France. Il est urgent d’agir à l’heure ou Paris concentre plus de la moitié de l’offre régionale d’hébergement pour seulement 4 % dans Hauts de Seine. Chaque Ville doit prendre ses responsabilités et créer sa part d’hébergement et de logements pour les plus démunis : c’est un devoir de solidarité collective. Et l’Etat doit être en capacité d’imposer ces structures aux territoires qui refusent cet effort de solidarité. Cela vaut également pour l’hébergement hôtelier fortement mobilisé par le Samu social qui doit être mieux réparti sur l’ensemble de la Région. 
Nous devons aussi construire une offre proche des gens, dans leur quartier, au coin de leur rue ; pour qu’ils puissent se fabriquer et conserver ces repères indispensables à leur survie, mais il nous reste encore beaucoup à faire.

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