Peut-on rêver d’une Union Européenne plus féministe ?

Publié le par Olga Trostiansky

                                                                                                                                                                                  12 mai 2009

A l'occasion des Elections européennes, le Groupement Régional pour l'Action et l'Information des Femmes (GRAIF) et 100 personnalités de Provence-Alpes-Côte d'Azur soutiennent la campagne 50/50 du Lobby Européen des Femmes,

voici mon intervention à l'occasion de cette manifestation du 12 mai dernier à Marseille, 

Je souhaiterai tout d’abord remercier le GRAIF et sa présidente Aline Vergnon Bondarnaud pour avoir organisé ce débat et avoir réussi à mobiliser autour de deux thèmes dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne passionnent pas les médias : l’Europe et les femmes.

 La question : «peut on rêver d’une Union Européenne plus féministe ?» appelle une réponse : OUI.

Oui, les européennes attendent des progrès

Oui, il existe trop d’inégalités entre hommes et femmes en Europe et nous devons y remédier

Oui, la parité dans les instances européennes peut faire des progrès

Oui, l’Union européenne peut porter un modèle social qui influence notablement les Etats membres

Oui, les européennes attendent des progrès dans la maîtrise de leurs droits reproductifs,  dans leur accès à toutes les professions, dans l’égalité salariale et l’activité, dans la conciliation entre la vie familiale et professionnelle.

 L’Europe, si elle souhaite porter une politique moderne et qui réponde aux attentes des citoyens doit s’investir plus encore dans les champs sociétaux comme celui que constituent les politiques d’égalité femmes-hommes.

 A ce titre, la feuille de route pour l’égalité 2006-2010 est pleine de promesses : elle aborde avec l’angle du gender mainstreaming les politiques européennes.

 L’angle mis sur le combat contre les stéréotypes sexistes et pour l’égalité professionnelle est particulièrement intéressant et constituera un appui important pour les associations féminines et féministes dans l’Europe entière.

 Le travail des élus et des commissaires européens constitue en effet un atout dont nous devons nous servir.

 Je vous recommande à ce sujet le site du lobby européen des femmes qui permet de se tenir au courant des grands projets européens et d’expertiser les situations contrastées des femmes dans l’union. 

 Oui, il existe trop d’inégalités entre hommes et femmes en Europe et nous devons y remédier. Outre les inégalités globales entre hommes et femmes, il existe également des inégalités entre les pays.

 Nous devons nous mobiliser pour que la résorption de ces inégalités soit inscrite dans l’agenda politique européen.

 Car ne nous y trompons pas : on peut rêver d’une union européenne plus féministe, mais elle ne se fera certainement pas toute seule et elle ne doit pas se faire sans nous.

 Toutes celles et tous ceux qui croient que l’égalité entre les sexes est un progrès ne doivent pas cesser de se mobiliser et relayer sans relâche auprès des parlementaires européens, comme leurs élus nationaux, leurs demandes.

 Le traitement de la crise économique dans les médias et dans les plans de relance est assez symptomatique :

là où les hommes travaillent et consomment,  comme dans l’industrie les politiques publiques sont là.

Là où les femmes travaillent et décident, comme dans le secteur des services où la précarité fait des ravages, l’intervention publique et l’attention des médias est inexistante.      

 Oui, la parité dans les instances européennes peut faire des progrès. La loi sur la parité permet que la France envoie autant de députées européennes que de députés européens.

 Mais dans huit pays il n’y a aucune obligation à ce que ce soit le cas. Les démocrates, les féministes doivent demander plus.

 Il ne faut pas oublier qu‘une instance féminisée traitera plus facilement les problèmes et solutions des femmes qu’une instance  où les hommes sont majoritaires.

 Promouvoir la parité au parlement européen aura forcément des répercussions sur les parlements nationaux et la situation que nous vivons en France, où moins de 20% des députés sont des femmes, et dans bien d’autres pays deviendra de moins en moins légitime.

 Enfin à l’heure où le renouvellement du président de la commission provoque bien des débats à droite comme à gauche, je constate avec tristesse que personne n’a pensé à une présidente et que la parité de la commission ne semble être un enjeu pour personne.

 Actuellement, la commission compte 10 femmes sur 27 membres, je crois qu’il est possible de mieux faire et d’arriver à la parité.

 Oui, l’Union européenne peut porter un modèle social qui influence notablement les Etats membres. Si l’Union est capable de produire des accords sur des sujets aussi sensibles que l’économie, la concurrence, la politique agricole, de formation et bien d’autres, elle est capable de produire un consensus sur les questions d’égalité, elle l’a déjà prouvé, et surtout de mobiliser les moyens pour aboutir à des résultats.

 Nous ne devons pas opposer pas les intérêts des femmes d’ailleurs et d’ici.

Le travail des plombières polonaises ne nous fait pas peur ! Moins peur que la discrimination des femmes dans les emplois du bâtiment en tout cas !

L’intérêt des européennes est d’accéder à l’activité, à des formations et des emplois qualifiants et rémunérateurs.

 En matière sociale, la convergence des états membres est remise en cause par des lobbys puissants et par la doctrine libérale.

 Les femmes doivent essayer de promouvoir cette idée de convergence : salaire minimal, protection sociale individuelle, promotion de l’égalité et de la parité dans le domaine économique.

 Ces avancées pour les femmes constituent d’ailleurs selon moi des avancées pour les hommes et les femmes.

Mais là encore, l’Union européenne, comme tous les pouvoirs politiques n’agira pas si nous ne sommes pas présents et présentes à tous les échelons pour rappeler l’urgence  agir. 

Pour conclure, je crois profondément qu’une Union européenne plus féministe ne doit pas rester un rêve, c’est la raison de mon engagement dans la coordination française pour un lobby européen des femmes, et également de mon soutien actif à la campagne 50/50 menée par le lobby européen des femmes dans toute l’Europe.

Le retentissement de cette campagne est assuré par votre mobilisation, je vous remercie donc d’être ici pour soutenir l’égale participation des femmes et des hommes à la vie politique et citoyenne.  

 

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