Conseil de Paris - Développement des bandes de migrants à Paris

Publié le par Olga Trostiansky

Paris, le 29 septembre 2009

Voeu de Jean-Marie Cavada et des élus du groupe Centre et Indépendants relatif au

développement des bandes de migrants à Paris

Exposé des motifs :

Considérant que l’on constate une augmentation sensible de la présence à Paris de migrants

étrangers sans domicile fixe en situation de grande précarité ; ces migrants ont principalement

deux origines : ils sont citoyens de l’Union Européenne ou bien ils sont réfugiés des zones de

conflit notamment, d’Afghanistan ;

Considérant que ces migrants se constituent en bande pour survivre à Paris, en campant dans

les parcs et jardins ou en occupant la voie publique elle-même et pour se nourrir, en fouillant

dans les poubelles des épiceries ou des grandes surfaces ;

Considérant que cette situation pose de graves problèmes sanitaires pour eux-mêmes, et de

salubrité publique pour les habitants ;

Considérant également que cette occupation permanente des espaces publics et des porches

d’immeuble augmente le sentiment d’insécurité des habitants, que la précarité de ces

conditions de vie alimente un climat de violence entre bandes et que des événements récents

ont montré que les rixes pouvaient être fatales aux SDF : meurtres, noyades…

Considérant que ces bandes peuvent également être une menace pour les agents des services

municipaux ou de l’Etat qui les côtoient ;

Considérant enfin que Paris conjugue le fait d’être une des villes d’Europe ayant la

réglementation la plus laxiste concernant les sans domiciles fixes (attitude qui s’explique par

la longue tradition d’accueil de notre pays et de notre ville), et le fait d’être une des villes

proposant le moins de structure de réinsertion ;

Considérant enfin que le Maire de Paris a la responsabilité de s’assurer de la sécurité de ses

agents et de ses administrés et du bon état sanitaire de Paris et des parisiens.

Par ces motifs :

Jean-Marie Cavada et le Groupe Centre et Indépendants souhaitent que le Conseil de

Paris fasse réaliser une étude sur la situation sanitaire et sociale des bandes de migrants

sans domicile fixe, prenant en compte la dimension économique, sociale et humaine du

problème ; cette étude pourrait utilement s’appuyer sur une comparaison avec la

situation des autres capitales ou grandes villes de l’Union Européenne.



Voici mon intervention en Conseil de Paris en réponse au Voeu de Jean-Marie Cavada et des élus du groupe Centre et Indépendants relatif au développement des bandes de migrants à Paris

"Monsieur Cavada, la lecture de votre vœu m’a laissé proprement stupéfaite : votre description de hordes de gueux venus d’ailleurs, pauvres et sales, errant dans les rues de Paris en commettant mille forfaitures, est assez glaçante et plutôt malvenue quand on considère la complexité de la situation des personnes sans abri à Paris.

 

Plutôt que dénoncer d’un côté le laxisme supposé de la réglementation parisienne et d’invoquer de l’autre le prétendu sentiment d’insécurité des Parisiens, vous seriez plus inspiré de demander au ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale pourquoi le gouvernement dont il est membre ne met en œuvre aucune mesure efficace pour assumer les conséquences de la fermeture de Sangatte ; pourquoi depuis plusieurs années, le gouvernement n’a rien fait pour fournir un hébergement digne aux exilés afghans qui sont pour leur majorité en droit de rester sur notre territoire, ayant déposé une demande d’asile ; pourquoi le gouvernement a refusé de financer le kiosque d’information et d’orientation géré par Emmaüs et France Terre d’Asile avec le seul soutien de la Ville, kiosque qui leur permet d’être informés sur leurs droits et sur les aides de la vie quotidienne ; pourquoi le gouvernement n’a pas profité de la présidence de l’Union européenne pour impulser une politique cohérente d’accompagnement des mouvements migratoires.

 

Etant moi-même élue du 10e arrondissement, vous comprendrez que le sujet que vous abordez me préoccupe beaucoup. Depuis cet été, depuis la décision de fermer la nuit la jardin Villemin, qui était devenu le royaume des passeurs / « un camp d’exilés gérés par des passeurs », pour reprendre l’expression de Rémi Féraud, nous ne cessons, le maire du 10e et moi-même, d’interpeller l’Etat pour qu’il se saisisse enfin de la situation et assume sa compétence. La seule action visible semble avoir été pour l’instant la fermeture de la jungle de Calais, avec les conséquences que l’on sait. J’ai personnellement demandé au Préfet de Paris d’engager l’Etat à financer le dispositif approprié pour fournir l’accompagnement sanitaire et social dont les exilés ont tellement besoin.

Je vous invite vivement à alerter le Premier ministre de cette situation, dont il ne semble pas avoir pris conscience de la gravité, en témoigne la réponse qu’il a faite au courrier du Maire de Paris.

 

Sur la proposition que vous formulez de réaliser une étude sur les personnes migrantes sans domicile, une abondante littérature existe, qui montre que Paris n’est pas si mal loti que vous le dites – je vous rappelle que Paris compte 63% de l’offre d’hébergement d’Île-de-France. Je vous renvoie par exemple à l’étude comparative récemment publiée par Julien Damon, éminent expert des politiques sociales.

 

C’est pourquoi j’émets un avis défavorable à votre vœu.

 

 Olga TROSTIANSKY



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