Rénover le parti socialiste : le feuilleton de l'été

Publié le par Olga Trostiansky

Rénover est devenu le crédo de tous les socialistes. Mais cela a pour chacun une signification différente. Pour les adeptes de Strauss-Kahn, cela veut dire accepter l'économie de marché et le fait que nous ne pouvons que l'"accompagner"; pour les jeunes, cela veut dire virer les vieux; pour les fabusiens, cela veut dire revenir à une gauche plus "pure", pour les femmes, cela veut dire prendre la place des hommes...

Bref la rénovation est surtout un cheval de Troie pour entrer là où l'on est pas, mais en la voyant de l'endroit où on se place... Franchement les militants socialistes, en écoutant leurs leaders, sont bien en peine de comprendre ce que l'on entend par rénovation.

Je me moque de mes camarades, mais j'ai contribué moi même à la réflexion sur la rénovation du PS avec un groupe qui s'appelle "Nouvelle voix". Je propose de vous parler plus tard de ss propositions. Leuilleton de l'été ne fait en effet que commencer, nous aurons certainement l'occasion de parler à nouveau de rénovation !

La priorité du jour pour le parti socialiste est, il me semble, de bien accueillir ses nouveaux adhérents en leur offrant l'espace de discussion et de réflexion qu'ils recherchent. En rencontrant lundi les nouveaux militant du 10ème, dont un bon nombre se sont inscrits dans les jours qui ont suivi le 6 mai, plusieurs évidences me sont apparues.

Ces nouveaux militants veulent s'opposer à la droite "décomplexée" (enlever ses complexes à droite, c'est un peu comme rénover au PS en ce moment : une formule magique destinée à conjurer le mauvais sort électoral et à prendre la place de ses "amis"). Ces nouveaux militants ont déjà été déçus par le parti socialiste et le comportement de certains pendant la campagne présidentielle et entendent faire bouger les choses de l'intérieur. Ces nouveaux militants ne sont pas sociologiquement très différents des "anciens" : catégories socio-professionnelles supérieures, en majorité des hommes, plutot très jeunes ou de plus de 40 ans. Le problème, c'est que pour bien rénover, on doit bien connaître... et pour bien connaître, il faut s'appuyer sur des militants qui ont un peu de bouteille. Et que parmi les socialistes qui ont un peu de bouteille, beaucoup sont prêts à accepter de tout changer pour que rien ne change ! Et pour vous, qu'est-ce qui doit changer au PS ? 

Publié dans politique

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Philippe 06/07/2007 00:09

La société change, je change, ce parti change. C’est (ce doit être…) un corps vivant en perpétuelle adaptation mais aussi en perpétuelle capacité d’indiquer une direction, un chemin, de les faire évoluer, de les perfectionner. Ce chemin c’est naturellement et depuis l’origine la justice et le progrès social et humain, c’est l’âme des socialistes, leur raison d’être profonde et le temps ne changera pas cette affinité élective. Pour exister l’idée socialiste doit toujours savoir aller au-delà des apparences, des contraintes et des résignations : l’élévation de l’individu, son attachement (dévouement) au collectif, le développement de solutions innovantes et partagées doivent être au centre de ses préoccupations et de son développement. Aujourd’hui la multiplicité des sources d’information et d’influence du citoyen ordinaire, l’augmentation simultanée des vitesses, des espaces et des contraintes sont telles que les solutions à consonances dogmatiques sont rejetées parce qu’elle apparaissent à la fois trop simples et inatteignables. La transformation de la société ne doit pas être une frontière lointaine mais plutôt une courbe en constante évolution que les socialistes s’efforceront en permanence de porter à son maximum, un flux tendu social et citoyen en quelque sorte. Tout indique que la démocratie participative c’est-à-dire la recherche des idées, des pratiques et des convergences mise en place d’une manière permanente est une solution innovante et efficace pour faire fonctionner démocratiquement le progrès social et sociétal dans nos sociétés modernes, pour lui donner une consistance concrète et palpable. Sommes-nous capable de mettre en œuvre cette plasticité exigeante ? A mes yeux tout est affaire de représentation dans le monde d’aujourd’hui. La gauche, les gauches, poursuivent peu ou prou le même but mais elles ne fonctionnent pas sur la même échelle de représentation de la performance, de représentation du progrès. La première œuvre serait à mon sens d’unifier ces représentations. La seconde œuvre, simultanée à la première, de re-définir les critères objectifs d’amélioration de la société (ce vers quoi il faut tendre) , la troisième de se servir de l’outil participatif pour améliorer d’une manière permanente les programmes concrets en prévision ou en réalisation. Voici ma vision du socialisme d’aujourd’hui pour demain : une exigence philosophique politique réaffirmée et sans faille, une dynamique de perfectionnement / ressourcement permanente et partagée avec la cité. Très théorique, j’en conviens mais là aussi nous devons nous représenter un modèle théorique commun pour partager et construire. D’ailleurs à voir fonctionner certaines choses autour de moi (notamment à Paris) je me dis que ces pratiques existent déjà et fonctionnent plutôt bien, il faut les multiplier, les étendre, en vulgariser les pratiques et la compréhension très simplement.

Olga Trostiansky 09/07/2007 14:35

Cher Philippe, merci pour ton message porteur d'espoir dans ces périodes de grande turbulences que nous vivons au Parti Socialiste actuellement.Je suis convaincue que cette méthode de démocratie participative est un des outils innovant  qui correspond bien à  l'état d'esprit de notre société.Les gauches doivent surement rapidement croiser leurs objectifs, mais le Parti Socialiste, qui en est un des socles, doit repréciser ses fondamentaux dans le cadre de ce monde qui évolue si vite.Enfin, vulgariser les bonnes pratiques, c'est bien et nécessaire, que les français se les approprient, c'est encore mieux

Jean-Louis 05/07/2007 22:59

Ce n'est sans doute pas une réponse à la question, mais voici un évènement qui illustre un disfonctionnement trop criant des partispolitique. Cela s'est déroulé lors des dernières législatives, à Montreuil (93) :Lors de ces élections, un candidat aparenté PC: J-P Brard a remporté au second tour, 100% des votes hors abstention et bulletins nuls. Lecandidat perdant était... inexistant. Il n'y en avait tout simplement pas. Il parait que la candidate, Mme Viprey (PS), s'est désistée,sous peine de se faire exclure de son parti qui avait passé un accord avec le PC. C'est d'ailleurs ce qui lui est arrivé auxlégislatives de 2002.Est-ce une méthode pour donner aux citoyens le goût de la vie politique ? Quelles que soient les motivations des accords passés entre PS etPC, j'estime que l'électeur peut avoir son mot à dire et qu'il peut encore choisir entre PC et PS.

Olga Trostiansky 09/07/2007 14:42

Cher Jean-Louis,il me semble important que les accords entre partis politiques soient tenus et il est important aussi qu'ils existent.Cela peut permettre que la gauche dans son ensemble puisse être le mieux représentée.C'est le cas d'accords passés entre le PS et les Verts à Paris, qui permet un fonctionnement pluraliste de gauche, qui nous conduit à ne pas trahir nos électeurs et conduire le contrat de mandature, avec les objectifs, tels que nous nous les étions fixés en 2001!!!!