le feuilleton de la rénovation continue

Publié le par Olga Trostiansky

Je le disais la semaine dernière, la nécessité de rénover semble largement partagée par les socialistes. Là ou les appréciations divergent c'est sur le comment et le pourquoi. François Hollande a eu sur le "comment" des initiatives décisives, la "vieille maison" est d'ores et déjà durablement transformée. Nous avons aujourd'hui beaucoup de nouveaux adhérents, ce mouvement est loin d'être éphémère et nous continuons à en recruter de nouveaux. Nous avons une communication plus moderne, beaucoup de blogueurs, de sites internet et de lettre d'information par e-mail. Nous avons réussi à intégrer l'objectif de parité et une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques est en train de faire ses preuves sur le terrain. Bien sur, les militants n'ont pas toujours l'impression d'être suffisamment écoutés, ni utiles. Bien sur, le bureau national, qui devrait être le parlement du parti ne reflète pas la diversité sociologique du parti mais uniquement sa diversité politique. Bien sur, les fonctionnements locaux et nationaux ont été largement détournés au profit des élus locaux ou des grandes voix socialistes. Bien sur, il est difficile de s'exprimer dans des sections de plus en plus grandes. Bien sur, les grandes sections ne peuvent être conduite que par des gens qui en font une activité quasiment professionnelle. Du pain sur la planche, mais pour la première fois depuis que je milite dans ce parti, je crois que les changements sont à portée de main.

Du coté du pourquoi, le travail est bien moins avancé. Les grandes théories socialistes s'affrontent. Héritiers du marxisme ou du réformisme (pour faire simple) cherchent à composer une théorie de compréhension du social avec des données complexes : la mondialisation des marchés financiers, la désindustrialisation de régions entières et la croissance industrielle d'autres régions du monde, la place du consommateur et du travailleur face à des capitaux "désincarnés", le rôle de la consommation destructrice de l'environnement mais essentielle pour l'accroissement du bien être de bien des citoyens du monde, le viellissement de la population, le maintien d'un contrat social et citoyen basé sur une protection universelle et généreuse... Les débats sont nombreux, et si nous pouvons espérer y trouver de la matière pour de nombreuses et fructueuses assemblées générales, je doute que nous puissions arrêter des positions sur chacun de ces thèmes. Ces questions ont traversé le vingtième siècle des socialistes et traverseront sans doute le vingt et unième de la même façon. Arrêter un corpus intangible de doctrine, ce serait oublier que le monde change, change vite et qu'un parti qui souhaite être un parti de gouvernement ne peut que vivre au rythme du monde. Le socle de valeurs que nous partageons garantit au delà de nos outils théoriques, une grande cohérence.

Nous devons assumer ces désaccords, ces débats et ces doutes. Ils nous permettent de comprendre et de garder ouverts nos esprits. Mais cela ne nous empêche pas d'agir. On le voit très bien dans les collectivités locales : au niveau local, nous arrivons à concevoir des espaces plus justes, sans nous plier aux exigences des entrepises nous proposons des services nouveaux, innovants, parce que nous posons les questions différemment. Je le vis à Paris, sous la conduite de B. Delanoë, je l'ai également vécu dans la campagne présidentielle conduite par Ségolène Royal : la démarche participative, la compétence citoyenne de tous, la participation des chercheurs et des associatifs à l'éléboration des politiques publiques... Pourquoi ne pas appliquer cette démarche au projet socialiste? Nous pouvons encore fixer un calendrier qui nous le permette.

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