Une suffragette mal accueillie dans le dixième

Publié le par Olga Trostiansky

En 1880, Hubertine Auclert tentait de se faire inscrire sur les listes électorales du dixième arrondissement de Paris, elle devait à l'époque habiter rue des deux gares. Elle fut brutalement mise à la porte de la mairie! Ce ne fut qu'une de ses nombreuses actions de provocation  et d'agitation en faveur du droit de vote des femmes. Cette femme extraordinaire a inventé le boycott fiscal, a brisé des urnes lors d'élections, a fait signé des tas de pétitions, s'est présentée aux élections, a tenté de brûler un code civil place de la concorde...Une ancêtre d'act-up, qui aurait dédié sa vie aux droits politiques des femmes. Elle n'avait pas peur d'affaiblir la République, car la République telle qu'elle existait lui semblait insupportablement injuste : insupportable que les vendeuses n'aient pas le droit de s'asseoir, insupportable que les femmes n'aient pas le droit de toucher leur salaire, insupportable que le budget de l'instruction secondaire des filles représente 3% de celui des garçons. Et surtout insupportable que les femmes n'ait ni le droit de vote, ni la moitié des sièges de l'Assemblée !

Il faut rendre justice à notre arrondissement, ses actions de provocations furent rarement bien accueillies, mais elle connut grâce à son journal, "la citoyenne", à ses rencontres aussi, un écho non négigeable. Elle fait partie de celles qui préssentaient que l'universalisme ne peut avoir de valeur que s'il n'exclut pas a priori certaines catégories de citoyens. Une réflexion au terme de laquelle ni la gauche, ni la droite, ni les féministes ne sont arrivés aujourd'hui... Pour ma part, je me sens assez proche de ses prises de position : l'exercice des droits civiques est un préalable à tous les autres droits, un préalable au respect des femmes.

Publié dans femmes

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