Conseil de Paris du 8 février

Publié le par Olga Trostiansky

Paris, le 15 février

Voici mon intervention en Conseil de Paris du 8 février dernier relatif à l'occupation de l'Hôpital Saint-Lazare

"La fermeture de Sangatte en 2003 a eu pour première conséquence l’arrivée massive d’exilés dans le 10ème arrondissement depuis 2003.

 

Depuis cette date, le maire de Paris et le maire du 10ème arrondissement ont interpellé  sans relâche le gouvernement sur les conditions de vie indignes des centaines de réfugiés, majeurs et mineurs qui ont trouvé refuge dans les rues et les jardins de cet arrondissement.

 

Face aux interpellations politiques et aux cris d’alarme des associations, le gouvernement fait preuve d’une surdité inexplicable en continuant d’affirmer que ces personnes sont là de manière temporaire, en attendant de rejoindre l'Angleterre ou les pays nordiques.

 

Nous dénonçons les fausses raisons qui amènent l'Etat à refuser la prise en charge de ces personnes

 

Une analyse de la situation juridique des personnes suivies par le Kiosque (environ 380) démontre que 60% d’entre elles sont en procédure Dublin, 15% sont demandeuses d’asile et 25% en procédure prioritaire.

Autre élément, le nombre de personnes souhaitant suivre des cours de français. 20% d'entre elles ont pu en bénéficier, mais les demandes sont loin d'être satisfaites.

Comment, en examinant objectivement les statuts juridiques et les demandes de cours de français, peut-on encore affirmer que les exilés ne sont là qu’en transit ?

C'est de la responsabilité de l'Etat de financer des places d'hébergement et d'assurer un accompagnement social et sanitaire adapté. Il ne s'agit pas uniquement de la mise à l'abri durant la période hivernale, mais bien de places d'hébergement pérennes. Ceci exige aussi le renforcement des places de CADA en Ile-de-France.

L'Etat doit aussi garantir l'exercice du droit d'asile en faveur des ressortissants d'un pays en guerre.

 La collectivité parisienne a  confirmé sa solidarité avec les exilés en allant très au-delà de ses obligations légales.

- Financement du Kiosque d'information et d'orientation

- Ouverture d'un centre pour mineurs étrangers isolés bd de Strasbourg

- Mise à disposition temporaire d’un immeuble rue Bertillon pour une centaine d'adultes et une trentaine de mineurs

- Mise à disposition de l'association Emmaüs d'un bâtiment cour St-Lazare jusqu'au 31/03/10 pouvant accueillir une centaine de personnes, alors que la seule réponse de l’Etat a été de proposer d'ouvrir un gymnase durant quelques jours.

La prise en charge des exilés ne s'arrête pas à la fourniture d'un lit. C'est pour cette raison que nous avions proposé une coordination des actions autour des exilés pouvant prendre la forme d'une MOUS, afin d'améliorer leurs conditions de vie.

Nous continuerons à mettre l’Etat face à ses responsabilités, pour que cesse cette situation indigne et que ces dizaines d’hommes retrouvent le droit de vivre dignement en France". 

 
Olga TROSTIANSKY, Adjointe au Maire de Paris, chargée de la Solidarité, de la Famille et de la Lutte contre l'Exclusion

Publié dans politique

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