Egalité femmes-hommes : l'Europe doit être un moteur

Publié le par Olga Trostiansky

Paris le 31 octobre 2011

Billet publié dans le blog de Libération

 

 

Egalité femmes – hommes : l’Europe doit être un moteur

 

 Je suis une partisane résolue de la construction européenne et je reste persuadée qu’elle a largement contribué à faire avancer les droits des femmes dans de nombreux Etats membres du Conseil de l’Europe. Pourtant deux informations récentes m’ont particulièrement fait enrager.

 

Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne (qui ne compte d’ailleurs que 9 femmes sur 26 commissaires…), a lancé le débat cette année sur la place insuffisante accordée aux femmes dans les conseils d’administration des entreprises européennes. Elle a proposé de manière raisonnable et prudente que l’on parvienne à un quota de 40% de femmes d’ici 2020 dans les entreprises cotées, avec une étape intermédiaire de 30% en 2015. Résultat ? Une levée de bouclier commune de 9 Etats (Royaume-Uni, Pays-Bas, Bulgarie, Lettonie, Estonie, Lituanie, République tchèque, Hongrie et  Malte), au nom d’une prétendue ingérence de la Commission dans leurs affaires intérieures… sans majorité qualifiée, aucune chance pour que le projet de directive soit adopté.

 

La France a légiféré en 2011 sur le sujet, avec l’objectif de 20% de femmes en 2014 et 40% en 2017, tout comme l’Espagne ou encore la Belgique, avec des objectifs similaires. Il est vraiment regrettable que les avancées en la matière risquent d’être laissées à l’initiative des Etats et que l’Europe ne puisse pas être un levier de progrès.

 

Autre sujet d’exaspération, l’attitude du président du Conseil européen, Herman Van Rumpuy, qui ne semble pas vouloir écouter les protestations du Parlement européen sur l’absence totale de femmes parmi les 23 dirigeants de la Banque centrale européenne : la commission des affaires économiques du Parlement a émis un avis négatif sur la candidature d’un Luxembourgeois au seul poste vacant du Conseil des gouverneurs de la BCE.

 

Herman Van Rumpuy se serait engagé à « identifier de bonnes candidates pour les postes vacants au niveau européen ». Il faudra faire preuve d’une grande vigilance pour que cette promesse ne reste pas lettre morte.

 

Olga TROSTIANSKY

 

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