Non Assistante A... ? Photographies de Diane Grimonet

Publié le par Olga Trostiansky

Paris, le 23 mars 2010 


Depuis plus de dix ans Diane Grimonet poursuit un travail auprès des "populations précaires". Une rencontre débat a été organisée par l'association "Pour que l'Esprit Vive" le 18 mars dernier à l'Hôtel de de Ville.

Voici l'intervention que j'ai faite à l'occasion de ce débat : 

"Bonjour,

Je tiens tout d’abord à excuser Christophe Girard qui aurait désiré lui aussi vous accueillir à l’hôtel de Ville.

J’ai souhaité vous accueillir aujourd’hui car j’ai été particulièrement sensible au thème du  travail de Diane Grimonet et au débat que vous organisez aujourd’hui.

 

Effectivement, il est difficile de rendre visible la pauvreté. Comment montrer la fatigue de l’emploi précaire, les arrangements des logements trop petits ou l’absence de vacances et de respiration culturelle ou sportive ?

 

Le plus souvent, les images de la misère font appel à la compassion, à l’émotion.

Elles suscitent tout naturellement  une réaction en urgence pour parer aux symptômes de la grande pauvreté. « Donnons des vêtements à ces enfants ! donnons à manger à ces sans abris ! ne les laissons pas mourir de froid dehors ! ».

 

Faire appel à l’analyse de l’exclusion est bien plus complexe et appelle des réponses qui seront très différentes et bien moins photogéniques.

  

Les politiques sociales marchent bien, elles bénéficient de moyens en augmentation constante, elles font appel à l’innovation, elles respectent les gens à qui elles s’adressent.

Je m’emploie à améliorer les politiques sociales, mais les images de la misère dressent moins un constat d’échec des politiques sociales qu’un constat du fonctionnement de notre société.

 

Les politiques sociales ne peuvent rien contre la discrimination systématique des femmes dans l’emploi qui aboutit à appauvrir dramatiquement les familles monoparentales.

 

Les politiques sociales ne peuvent pas donner un statut à un étranger qui lui permettrait d’accéder à un logement et à un travail.

 

L’accompagnement sans relâche des plus fragiles qui est fait par les départements, les mairies et les associations est utile, les moyens que nous mobilisons pour héberger, orienter vers l’emploi, permettre aux personnes d’accéder à l’ensemble de leurs droits sont efficients et nous travaillons sans cesse à les améliorer.

 

Mais dans une société profondément inégalitaire, où l’arrogance de l’argent vite gagné est sans limite, où la solidarité collective est considérée comme une dépense inutile, où l’autre est vu comme une menace, la réponse est plus politique que sociale.

C‘est la raison pour laquelle je vous engage à continuer ce travail et à le contextualiser comme vous le faites. 

 

 Il est possible d’éviter la répétition et la transmission de la pauvreté, au moyen de politiques progressistes qui construisent un nouveau contrat social.

 

 Je pense que le débat que vous aurez aujourd’hui participe de cette démarche, je me félicite que l’hôtel de Ville ait pu vous accueillir et j’aurai une oreille très attentive à ses conclusions".

 Olga TROSTIANSKY
Adjointe au Maire de Paris, chargée de la Solidarité, de la Famille et de la Lutte contre l'exclusion

Publié dans Insertion

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