Plein feux sur les quartiers

Publié le par Olga Trostiansky

30-09-11

"Mettre fin à l'impuissance publique", "vaincre le chômage", "une école qui garantit la réussite de tous les élèves", "sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation", "de grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables" : confronter à la réalité les promesses du candidat Sarkozy de 2007 pour les quartiers permet de constater l'ampleur de l'échec des politiques conduites depuis son élection.

A l'automne 2005, un vent d'une violence extraordinaire soufflait sur les banlieues françaises, mouvement sans mots, sans voix, sans visage et pourtant reflet d'un mal-être, d'une désespérance et d'une perte de repères. Quels points communs à la plupart ces quartiers en flammes ? Environnement dégradé, enclavement, retrait des services publics, fort taux de chômage, particulièrement des jeunes, communes désargentées, tissu associatif mal en point… Quelques années plus tard, force est de constater que ce portrait des quartiers dits sensibles de notre pays est toujours le même et que leurs besoins et leurs attentes n'ont pas été entendus.

A l'approche de l'élection présidentielle de 2012, il est indispensable de réinventer la politique de la ville. Plutôt que d'en avoir honte et d'en avoir peur, la France devrait pouvoir être fière de ses quartiers et faire de l'amélioration de la qualité de vie de leurs habitants la première des priorités et également développer ces lieux en espaces de croissance et non d'exclusion. Plutôt que d'opposer les acteurs les uns aux autres, le gouvernement devrait être le pilote de politiques transversales, décloisonnées, qui réunissent les efforts de tous (Etat, collectivités, bailleurs, associations, entreprises) pour améliorer la vie de ces quartiers à tous points de vue : logement, éducation, emploi, culture, santé, égalité femmes-hommes… Pour construire cette égalité réelle, le Parti socialiste propose la mise en place d'un "contrat unique de développement humain et de renouvellement urbain", qui ne portera pas seulement sur l'indispensable rénovation urbaine, mais qui l'articulera aux autres problématiques. Dans un monde de plus en plus complexe, nous avons besoin d'approches globalisantes.

Ce contrat permettra d'améliorer l'habitat, de développer les transports, pour désenclaver les territoires, ou encore de prévoir les infrastructures et la fiscalité nécessaires au développement économique. Il permettra aussi d'augmenter massivement les moyens des établissements scolaires de ces quartiers, en laissant la place à l'innovation pédagogique; pour repeupler ces déserts médicaux le contrat favorisera l'installation des médecins dans des maisons de santé ; pour favoriser l'intégration des habitants d'origine étrangère, particulièrement les femmes, il luttera de manière plus ferme contre les discriminations, il leur donnera les moyens d'accéder à leurs droits, de mieux dialoguer avec les services publics et de mieux être accompagnés dans leur apprentissage de la langue française ; il favorisera la tranquillité publique et le vivre-ensemble par le renforcement de la police de proximité, par le soutien au tissu associatif qui redonnera vie à l'éducation populaire, singulièrement malmenée depuis dix ans.

Isolés dans ce qui ressemble souvent à un ghetto, certains habitants de ces quartiers n'ont pas droit à la parole ; il est urgent de la leur donner. Le droit de voter aux élections locales leur permettra, en choisissant qui les administrera, de faire vivre la démocratie.

Bariza Khiari, sénatrice (PS) de Paris et Olga Trostiansky, adjointe (PS) au maire de Paris

 

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