Mon Parcours

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Âgée de 47 ans, mère de trois enfants, Française d'origine espagnole et russe, je suis issue du monde de l'entreprise privée.
 
Je suis actuellement adjointe au Maire de Paris chargée de la Solidarité, de la Famille et de la Lutte contre l'Exclusion. Je suis également conseillère d'arrondissement dans le 10e, chargée de la Santé.

J'ai été élue ce printemps présidente de la branche française de la CLEF (Coordination pour le lobby européen des femmes), qui fédère des milliers d'associations européennes promouvant l'égalité entre femmes et hommes.

De mars 2001 à mars 2008, j'ai exercé les mandats de conseillère du 10e arrondissement de Paris, déléguée à la jeunesse et aux sports, et conseillère de Paris, adjointe au Maire Bertrand Delanoë chargée de la petite enfance et des familles. Lors de la précédente mandature, de 1995 à 2001, j'étais conseillère de Paris et déléguée à la petite enfance dans le 10e arrondissement.
 
 

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Insertion

Lundi 7 avril 2008

J'ai assisté vendredi au filage d'un spectacle proposé le soir même au centre d'animation de la Place des Fêtes : une quinzaine de jeunes accueillis dans le centre d'hébergement d'urgence (CHU) de la rue Stendhal et dans le centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de la rue Pixérécourt ont participé pendant une semaine à un atelier animé par « Cette compagnie là » durant lequel ils ont travaillé sur un texte de Pierre Meunier, « Le chant du ressort ». Le résultat sur scène est absolument bluffant, poétique, émouvant.

 

Ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans vivaient pour une bonne partie d'entre eux dans la rue avant de rejoindre ces structures. Dans les deux centres, que j'ai également visités, les jeunes bénéficient d'un accueil (2 mois au CHU, dix mois au CHRS) pour leur permettre de reprendre leurs marques, d'accéder aux droits élémentaires, notamment le logement et la santé, de construire avec les travailleurs sociaux un projet d'insertion professionnelle. Je trouve formidable que la culture ne soient pas oubliée dans le parcours d'insertion et que ces jeunes gens puissent développer leur créativité artistique par le biais d'activités comme celle qui a été présentée au public vendredi soir. Il faut signaler que ce travail doit beaucoup au centre d'animation de la rue des Lilas ; il a récemment ouvert ses portes et a décidé de jouer le jeu de la mixité sociale, en mettant à disposition des jeunes et des professionnels qui les accompagnent ses très beaux espaces.

La cour du CHU George-Sand

 

Par Olga Trostiansky
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Vendredi 18 avril 2008

J'ai inauguré cette semaine le centre de stabilisation des Enfants du Canal situé avenue de l'Observatoire (14e). Vous vous souvenez peut-être que cette association est née de l'action des Enfants de Don Quichotte sur les rives du canal Saint-Martin. L'association, avec Emmaüs, a relogé dans des bâtiments municipaux de la rue Saint-Jacques une partie des personnes qui campaient au bord du canal. Pour laisser la place à des logements étudiants, les deux associations ont été relogées dans deux bâtiments du quartier Port-royal.

L'installation du centre des Enfants du Canal marque le soutien affirmé de la Ville et de ses partenaires aux associations oeuvrant aux côtés des sans-abri, avec le constat partagé que la rue ne doit pas être un lieu de vie, qu'on ne peut se satisfaire de mesures d'assistanat purement caritatives. C'est en tout premier lieu dans la lutte contre l'exclusion qu'il s'agit d'être créatif.

A Paris, nous soutenons pleinement les initiatives comme celle des Enfants du Canal, qui consiste à offrir aux sans-abri un lieu où l'on s'arrête, où l'on reprend son souffle, où l'on se reconstruit, entouré et accompagné par des travailleurs sociaux vraiment à l'écoute. Le projet allie le respect de l'intimité et de la liberté des résidents à une vraie réflexion sur le vivre ensemble qui donne aux résidents un rôle pivot dans la gestion du centre. En responsabilisant pleinement ses usagers plutôt qu'en les considérant comme des assistés, les Enfants du Canal partagent la politique que la collectivité parisienne veut promouvoir en matière d'hébergement : nous voulons en effet sortir de la logique du tout-dortoir dans le respect de la personne humaine, et inscrire l'insertion au cœur de notre politique en direction des sans-abri.

C'est pourquoi, après avoir financé la création de 1.000 places depuis 2001 et la rénovation de 2.000, nous créerons 2.000 nouvelles places de qualité sous forme de centres d'hébergement, de maisons relais ou encore de logements d'insertion, et nous poursuivrons les efforts d'humanisation des centres vétustes.

Si la prise en charge des sans-abri relève des compétences de l'Etat, la Ville s'est beaucoup investie dans ce domaine autour de plusieurs priorités, en proposant des conditions d'hébergement dignes qui s'inscrivent dans un parcours de relogement, en développant les aides à la vie quotidienne en faveur des personnes sans domicile, dans une perspective d'insertion sociale et de retour à l'autonomie du plus grand nombre.

Mais Paris ne doit pas être seule à produire cet effort car la capitale concentre déjà 64% des places d'hébergement de la Région et les opportunités foncières sont rares. En effet, là où Paris compte une place d'hébergement d'urgence pour 472 habitants, ce ratio est de une place pour 2.126 habitants dans les Yvelines et une place pour 2.049 dans les Hauts-de-Seine. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en rappelant à leurs obligations les collectivités locales d'Île-de-France en matière de création de places d'hébergement d'urgence et de logements accessibles aux personnes démunies lorsque celles-ci ne respectent pas la loi SRU.

Par Olga Trostiansky
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Lundi 21 avril 2008

Chaque année à Paris, 5.000 ménages sont assignés en justice pour impayés de loyer et entre 700 et 1.000 font l'objet d'une expulsion avec le concours de la force publique. Ce phénomène n'est pas nouveau, mais avec la folie spéculative qui s'est emparé du marché de l'immobilier, de plus en plus de Parisiens voient la part de leur budget consacrée au logement augmenter de manière exponentielle. La collectivité parisienne est depuis quelques années très volontariste en la matière : une équipe de 24 personnes est à la disposition de tous les foyers assignés en justice pour dette locative et menacés d'expulsion et les aides financières de la Ville participent à la solvabilisation des dépenses de logement des ménages modestes.

L'Etat se trouve actuellement dans une contradiction : la loi autorise depuis le 1er janvier 2008 à faire valoir son droit au logement, mais l'Etat n'a pas les moyens d'y répondre. C'est pourquoi l'Exécutif a proposé aujourd'hui aux conseillers de Paris de voter un vœu (comme la semaine dernière lors de notre conseil d'arrondissement, à l'initiative des élu-es communistes) demandant au Préfet de Police et au Préfet de Paris d'appliquer un moratoire concernant les expulsions de ménage de bonne foi et sans relogement, le temps de la mise en œuvre du DALO (droit au logement opposable).

Le vœu exprime également le souhait des élus parisiens de la majorité que les procédures de réquisition des logements et immeubles vacants soient accélérées pour attribution d'office aux ménages dépourvus de logement, vivant dans des conditions indigne (de qui les prive d'ailleurs des aides de la CAF), ou sous le coup d'une procédure d'expulsion.

Enfin, nous demandons par ce vœu que l'Etat s'engage avec la Ville dans la création d'un organisme capable de se substituer temporairement aux locataires en situation d'impayés en reprenant le bail. Cette mesure, si elle est retenue par l'Etat et notamment la Justice, permettrait de suspendre la procédure d'expulsion des ménages de bonne foi, de mobiliser les aides disponibles pour maintenir les locataires dans leur logement et d'engager une reprise progressive des loyers.

Par Olga Trostiansky
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Lundi 26 mai 2008

J'ai visité la semaine dernière avec Fatima Lalem, ma collègue en charge de l'égalité femme / homme à Paris, le centre d'hébergement d'urgence de la rue de Crimée (19e), dédié à l'accueil de femmes isolées avec enfant(s). Ce lieu magnifique, totalement réhabilité très récemment, héberge jusqu'à 39 mères accompagnées de leurs enfants qui n'avaient plus aucune solution de logement. La configuration des lieux permet de préserver l'intimité de la vie de famille tout en offrant des espaces communs chaleureux. Une crèche accueille des jeunes enfants durant la journée, permettant ainsi aux mères d'accomplir toutes les démarches d'insertion nécessaires (accès aux droits, recherche d'une solution de logement).

J'ai pu rencontrer certains des personnels qui travaillent au quotidien auprès des familles, qui m'ont alertée sur le paradoxe que la plupart de ces femmes travaillent sans pouvoir pour autant se loger. Objets de discriminations en tous genres, premières victimes de la spéculation immobilière, c'est pour ces femmes qu'il faut inventer des solutions pour faire de Paris une ville où l'on peut vivre dignement.

Par Olga Trostiansky
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Vendredi 30 mai 2008

Pour lutter contre la crise du logement, il faut être créatif et ne négliger aucune piste : par exemple, « Louez solidaire » que la Ville de Paris a lancé il y a un an.

Le fonctionnement de « Louez solidaire » est le suivant : le propriétaire du logement loue son appartement à une association conventionnée par la Ville de Paris au bénéfice d'une famille hébergée en l'hôtel par l'Aide sociale à l'enfance, qui paye alors une redevance en fonction de ses ressources. La famille est hébergée pour une durée ne devant pas excéder 18 mois au terme de laquelle elle doit être en mesure d'accéder à un logement autonome, dans le parc social ou privé. Le propriétaire qui s'engage dans cette démarche a l'assurance totale d'une bonne gestion locative de son patrimoine sans risque d'impayé. Dix associations ont d'ores et déjà été conventionnée par la Ville, qui finance la couverture des frais de captation des logements, le coût de la gestion locative et des risques locatifs encourus par les associations.

La Ville s'est engagée sur la mobilisation de 1.000 logements sur la mandature, et j'ai visité hier avec Bertrand Delanoë le 100e logement loué dans le cadre de ce dispositif. Ce grand trois-pièces, situé dans un quartier confortable du 15e arrondissement et géré par la dynamique association Aurore, bénéficie à une mère et ses trois jeunes enfants qui ont connu de nombreuses années d'hôtel.

La crise du logement et de l'hébergement des familles en difficulté ne se règlera pas uniquement dans un cadre parisien, Paris concentrant déjà 60 % des capacités d'hébergement en Île-de-France. C'est pourquoi nous demandons au Gouvernement de participer à ce dispositif afin d'étendre l'expérimentation sur l'ensemble du territoire francilien.

Par Olga Trostiansky
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Mardi 17 juin 2008

J'ai participé hier à l'hommage organisé pour les personnes sans domicile mortes récemment en Île-de-France à l'initiative du Collectif les Morts de la Rue. Cette manifestation revêtait pour moi une signification particulière, puisque la première démarche publique que j'ai effectuée en prenant fonction dans ma délégation d'adjointe au Maire de Paris chargée de la solidarité, de la famille et de la lutte contre l'exclusion a été de participer à la cérémonie organisée dans le quartier des Halles en mémoire de Patrick le Ch'ti, mort dans la rue.

J'ai pu prendre ainsi conscience de la nécessité absolue d'organiser des manifestations en hommage aux morts de la rue : elle permettent de rendre à ces personnes leur dignité, de les réintégrer dans la société, à leurs proches de se recueillir, mais aussi de faire émerger la prise de conscience collective que la vie à la rue est intolérable car elle réduit dramatiquement l'espérance de vie des personnes.

C'est pourquoi, nous devons tout faire pour éviter aux plus vulnérables de se retrouver à la rue et aider les personnes à trouver leur place dans la société en créant les logements nécessaires et en développant des actions d'insertion qui favorisent le retour à l'autonomie de tous.

Par Olga Trostiansky
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Mardi 15 juillet 2008

 

L e dernier conseil de Paris a vu le vote de deux délibérations importantes : Le plan départemental d’insertion, sur lequel je reviendrai, et la mise en œuvre du micro-crédit social. Une convention entre le crédit municipal et le département permet la mise en œuvre d’un dispositif de prêt pour les 10% de la population exclus du système bancaire. Les sommes en jeu sont de moins de 3000 euros, à des taux inférieurs à 4%. Quand le capital sera remboursé, le département de Paris reversera à l’emprunteur la moitié des intérêts que celui-ci a payé. Ce service sera accessible sous condition de ressources (1390€ pour une personne seule) dès septembre 2008. L’objectif est de réaliser 1000 crédits d’ici fin 2009. Ces crédits permettent de faire face aux dépenses urgentes et vitales : les frais de formation, d’équipement, de santé…

Par Olga Trostiansky
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Jeudi 30 octobre 2008


Mardi 28 octobre en soirée, nous avons fété les 15 ans du SAMU social, une soirée d'hommage à ce groupement d'intérêt public, à son fondateur Xavier Emmanuelli et à l'ensemble des porfessionnels qui s'y activent. Une occasion aussi de se questionner sur la mission de l'Etat et sa manière de l'assumer.  Je vous laisse découvrir mon intervention.

C’est au nom du Maire de Paris que je tiens tout d’abord à remercier toutes celles et tous ceux qui par leur courage, leur détermination, leur altruisme et leur professionnalisme nous donnent l’occasion de nous retrouver ce soir pour un anniversaire émouvant et symbolique de 15 ans d’humanité.
 Tout d’abord je voudrais saluer Xavier Emmanuelli pour avoir fait naître une conscience citoyenne de l’immense détresse dans laquelle se trouvaient de nombreux hommes et femmes et pour avoir impulsé d’une manière décisive la mise en œuvre d’une véritable politique de l’urgence
Depuis, cette conscience terrible de la misère à notre porte, dans nos rues, a gagné chacun de nous et porte aujourd’hui un nom terrible : l’exclusion.
Etre exclu, c’est être hors de tout, c’est souffrir, c’est l’altération profonde de sa relation au monde, c’est ne plus pouvoir vivre avec les autres.
Il est donc de notre devoir de protéger et d’agir, ensemble, toujours plus, pour tenter que les plus démunis puissent retrouver dignité et réconfort.
A Paris depuis 2001 avec Bertrand DELANOË, nous nous sommes engagés résolument dans cette voie, avec l’ouverture de 1000 places nouvelles et la rénovation de 2000 autres qui permettent d’accueillir plus dignement les plus exclus.
Nous ne pouvons ignorer , que près de 150 000 foyers vivent sous le seuil de pauvreté, que les besoins alimentaires ont augmenté de 8 %, que la crise à venir risque de grossir ces chiffres déjà si alarmants.
Le 115 est aussi un bon indicateur des besoins.
A cet égard, nous sommes très inquiets, à l’approche de l’hiver, de l’insuffisance des capacités d’hébergement pour les sans abri dans la capitale et en Ile de France alors que le 115 n’est déjà plus en capacité de répondre à toutes les demandes. Il serait inacceptable que le Gouvernement ne réponde pas à cette situation d’urgence sociale et humanitaire alors qu’il en a la compétence. Le Maire de Paris s’est engagé à créer 2000 places d’hébergement et de maisons relais d’ici 2014. Nous avons d’ors et déjà mobilisé le patrimoine foncier de la ville pour ouvrir 3 nouveaux centres cet hiver. Nous réfléchissons aussi à mieux prendre en compte les grands « cassés », les SDF vieillissants, les sans abri atteints de pathologies psychiatriques lourdes mais nous avons besoin du soutien financier de l’Etat pour que ces projets aboutissent. Le gouvernement a annoncé un renforcement des équipes mobiles de psychiatrie intervenant auprès de ce public : j’espère que cette annonce va se traduire par des mesures concrètes dès cet hiver dans la capitale, sachant que la ville est prête à accompagner cet effort.
Cette lutte, ce combat quotidien opiniâtre et déterminé, c’est ensemble que nous devons le mener en unissant nos forces et nos espoirs.
Ensemble cela veut dire aussi avec les associations auxquelles je tiens solennellement ici à rendre hommage au nom du Maire de Paris.

Je ne les citerai pas toutes mais je remercie chacune pour l’immense travail chaque jour accompli.

 Ensemble, c’est aussi et peut être surtout avec l’Etat, avec le Préfet de Paris M. Claude KUPFER avec lequel nous travaillons chaque mois pour veiller et faire avancer nos dossiers communs. La coordination des interventions de l’Etat, de la ville et des associations a produit des résultats depuis le mouvement engagé par les enfants de Don Quichotte et nous devons continuer dans ce sens.
Ce devrait être aussi avec le Préfet de Région que j’ai alerté lors d’une récente rencontre sur l’urgence que vous avions à mettre en commun nos forces, nos ressources, notre intelligence, nous les départements franciliens pour proposer une offre plus harmonieuse, plus efficace et plus humaine. Depuis plusieurs années, le Maire de Paris demande au gouvernement une programmation régionale de l’offre d’accueil et l’ouverture dans ce cadre de 5000 places nouvelles sur l’Ile de France. Il est urgent d’agir à l’heure ou Paris concentre plus de la moitié de l’offre régionale d’hébergement pour seulement 4 % dans Hauts de Seine. Chaque Ville doit prendre ses responsabilités et créer sa part d’hébergement et de logements pour les plus démunis : c’est un devoir de solidarité collective. Et l’Etat doit être en capacité d’imposer ces structures aux territoires qui refusent cet effort de solidarité. Cela vaut également pour l’hébergement hôtelier fortement mobilisé par le Samu social qui doit être mieux réparti sur l’ensemble de la Région. 
Nous devons aussi construire une offre proche des gens, dans leur quartier, au coin de leur rue ; pour qu’ils puissent se fabriquer et conserver ces repères indispensables à leur survie, mais il nous reste encore beaucoup à faire.

Par Olga Trostiansky
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Mercredi 8 avril 2009

7 avril à 18h30

 

Jacques BERES, Président de l'association « Les Enfants du Canal » nous avait convié à l'inauguration du Busabri des enfants du Canal situé 26 avenue de l’Observatoire à Paris 14ème,  nous étions nombreux à avoir répondu à son appel. 

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ici mon intervention à cette occasion :


Ce centre me semble être un modèle de ce que doit être l’hébergement des personnes sans abri : un accueil souple, respectueux des parcours de vie, adapté aux besoins des personnes, un accueil citoyen qui donne la parole aux usagers et les associe aux décisions du quotidien.

 

L’innovation qui est au cœur de votre projet, nous la souhaitons dans les réponses que les associations vont proposer à l’appel à projet que la Ville de Paris et ses partenaires, l’Etat et la Région, s’apprêtent à lancer, pour ouvrir 250 places d’hébergement et de logement d’insertion.

Au–delà de la nécessaire ouverture de places que nous demandons sans cesse, à savoir 5.000 places en Île-de-France dont 2.000 à Paris, il est indispensable autant qu’urgent que les centres d’hébergement soient adaptés aux personnes auxquelles ils sont sensés s’adresser.

Les personnes toxicomanes, les jeunes travellers, les personnes atteintes de troubles psychiatriques, les personnes très désocialisées doivent pouvoir être accueillies dignement, c’est le sens de l’appel à projet que nous lancerons solennellement le 5 mai prochain à l’Hôtel de Ville. Les associations seront très prochainement invitées à participer à ce lancement.

 

L’innovation doit aussi est au cœur des toutes les actions en direction des personnes sans abri ; je pense aux lieux d’accueil de jour, je pense aux maraudes, sur lesquelles nous conduisons avec tous les partenaires un important travail de coordination et de professionnalisation. Dans le dispositif de maraude parisien, le Busabri est un outil particulièrement précieux.

Il permet aux personnes sans domicile de trouver repos, soutien et conseil et d’être orientés efficacement vers le bon interlocuteur.

La mixité de l’accueil, qui associe travailleurs sociaux, bénévoles et « travailleurs pairs » est certainement source d’enrichissement réciproque en même temps qu’il permet une parole juste et pleinement respectueuse des personnes.

 

Je remercie donc et félicite très chaleureusement toute l’équipe des Enfants du Canal et leur souhaite bonne route à bord du Busabri."

  

C’est pour moi un plaisir de participer à l’inauguration du Busabri, presque un an jour pour jour après celle du centre de stabilisation devant lequel nous sommes actuellement.
Par Olga Trostiansky
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Mardi 19 mai 2009

Les Enfants du canal et le collectif des Morts de la Rue a lancé un débat sur la problèmatique des SDF, vous voudrez bien trouver ci-joint ma tribune publiée sur Médiapart

Edition : Vivre à la rue tue

Olga Trostiansky, adjointe (PS) au maire de Paris en charge de la solidarité, de la famille et de la lutte contre exclusion, appelle l'Etat à prendre ses responsables dans la lutte contre l'exclusion.

Pour répondre à l'appel du collectif des morts de la rue, dont je partage le refus de voir des personnes vivre et mourir dans la rue, nous devons réinterroger les concepts qui fondent notre politique de lutte contre la grande exclusion au regard des réalités que nous rencontrons et des objectifs que nous partageons. A ce jour, quels sont les objectifs de la « solidarité nationale » envers les plus exclus ? Quels sont les droits des plus pauvres et où sont les lois qui les font respecter? La multiplicité des pratiques de maraude, d'aide alimentaire, d'hébergement laisse croire qu'il n'existe pas d'objectifs définis ni de volonté politique de lutter efficacement contre la grande exclusion. En matière de gouvernance, il n'existe pas de système parfait. Mais sans volonté politique, il n'existe pas de gouvernance possible. 

Paris et sa région occupent certainement une place particulière dans le domaine des sans abri : une pénurie de logements ancienne, l'attractivité d'une capitale économique et culturelle, la présence de frontières dans la métropole avec les aéroports et les gares génèrent un flux de personnes très démunies. Paris concentre 60% des places d'hébergement de la région Ile de France et constitue donc un lieu hospitalier aux sans abri. Pour compléter le tableau, les départements d'Ile de France voient coexister des poches de grande pauvreté et des zones de grande richesse.  

Pour faire face à cette situation exceptionnelle, il n'est pas d'organisation spécifique. Ici comme partout, l'Etat est chargé de lutter contre la grande exclusion au nom de la solidarité nationale, avec des moyens insuffisants et des desseins peu affirmés. Pas d'autorité régionale, pas de coordination autour de l'Etat, pas de liens entre la politique d'asile qui maintient dans la rue des centaines d'Afghans et celle chargée de la lutte contre l'exclusion, pas non plus de liens entre la politique de la justice qui suit la réinsertion des prisonniers et l'action sociale départementale, pas plus d'ailleurs entre les hôpitaux y compris psychiatriques et les centres d'hébergement, pas de lieu de réflexion sur les pratiques : le constat peut sembler dur mais l'urgence à agir ne peut plus justifier l'action dans l'urgence. 

Très concrètement, il n'existe pas d'outil de pilotage partagé entre l'Etat, la Ville de Paris (qui est aussi un conseil général) et les opérateurs associatifs ou le SAMU social : ainsi, sur le volet hébergement et logement nous ne partageons pas la connaissance des ouvertures, des fermetures, des projets et des besoins. Malgré la mobilisation des services de la Ville et du centre d'action sociale, l'opacité dans laquelle nous nous trouvons a forcément pour conséquences un pilotage restreint et de grandes difficultés à orienter nos moyens.  

J'ai beaucoup entendu parler d'un guichet unique ou encore d'une autorité unique sur la région parisienne. Mais là encore, avant de construire l'autorité administrative, nous devons construire un projet, évaluer sans tabou ce que nous faisons, et tous nous y tenir. La solidarité nationale qui est à construire pourrait être basée sur des observations et des projets d'action venus des territoires. Nous souhaitons à Paris territorialiser nos actions pour leur donner toute leur cohérence et répondre au plus près des besoins des Parisiens. C'est ainsi que nous travaillons avec l'Etat et la Région pour la création de 200 places d'hébergement innovantes à Paris (lien avec le dossier : http://www.paris.fr/portail/accueil/Portal.lut?page_id=1&document_type_id=2&document_id=68107&portlet_id=21961). Le projet partagé, la performance des actions ne peuvent naître que du partage des diagnostics et de l'acceptation d'une démarche commune. Cette démarche devrait être étendue à toute la région pour que nous partagions les meilleures solutions et un traitement adapté de chaque public. C'est après avoir construit ensemble qu'un pilote trouvera sa légitimité.  

D'autres projets évoquent un « service public de la grande exclusion ». Le secteur de la lutte contre l'exclusion ne peut faire l'économie des méthodes de bonne gestion du service public : objectifs quantitatifs et qualitatifs définis, évaluation, pilotage cohérent...Mais le service public est universel : dans le domaine de la santé, du logement, de l'éducation, de l'emploi, du partage des revenus... Le droit commun doit être simplement accessible à tous, en intégrant la dimension de prévention de risques d'exclusion qui est encore trop absente aujourd'hui.  

Notre réflexion sur la protection sociale est-elle à ce point à bout de souffle que nous ne puissions assurer les conditions d'une vie digne à l'ensemble des personnes qui résident sur notre territoire? Notre solidarité est-elle à ce point malade que nous ne puissions envisager un système universel d'accès aux soins, aux revenus de transfert, au logement ?  

Maires, présidents-es de conseils généraux et régionaux, bénévoles et professionnels-les de l'action sociale sont en capacité de se mobiliser contre l'exclusion en mobilisant leur créativité, en suggérant des innovations si l'Etat leur assure, sur plusieurs années, les moyens d'agir. Les exemples étrangers montrent la capacité des acteurs locaux dans ce domaine, sous réserve d'une péréquation des moyens, une condition essentielle qui n'a pas été appliquée lorsque les compétences sociales ont été décentralisées.          

L'égalité ne peut se contenter d'être inscrite sur les frontons républicains, elle doit se traduire dans un égal accès aux droits fondamentaux assuré par un système basé sur la contribution de tous ; comme l'école, comme la santé, comme la sécurité, vivre hors de la rue doit être accessible à tous et partout en France.

 

 

Par Olga Trostiansky
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