J’apprends que la Belgique, l’Angleterre et la France disposent désormais de la même législation en matière de « supervision parentale ». Le stage parental, mesure
phare de la réforme de la justice des mineurs en Belgique (lois du 15 mai et du 16 juin 2006) est entré en vigueur le 1er avril 2007.
Les magistrats de la jeunesse pourront imposer aux parents d’un mineur ayant commis une infraction qui manifestent un « désintérêt caractérisé face à la délinquance
de leur enfant » de suivre une formation à la parentalité responsable. En cas de refus d’exécution de la sanction, les parents encourent une amende et/ou une peine d’emprisonnement d’un à sept
jours.
Cette réforme a provoqué une levée de bouclier du côté des travailleurs sociaux, comme le contrat de responsabilité parentale et la loi de prévention de la délinquance en France ou l’anti-social
behaviour act en Grande-Bretagne.
Je crains que ces réformes ne fassent tache d’huile en Europe et que le tout-sécuritaire soit désormais la norme. Nous sommes pourtant nombreux à penser qu’il faut accompagner les familles sans
les stigmatiser, que la prévention est plus efficace que la répression.
En tant qu’élue parisienne en charge des familles je promeut les mesures d’accompagnement de la parentalité, qui supposent de respecter les parents et de ne pas les considérer systématiquement
comme démissionnaires en cas de difficultés. D’où la nécessité de financer des associations, de déployer sur le terrain des travailleurs sociaux, c’est-à-dire l’inverse de ce que fait la droite
depuis cinq ans.
Le Réseau Education Sans Frontières, les élèves et les familles sans-papiers de Paris
organisent le mercredi 13 juin un dépôt collectif de demandes de rendez-vous à la Préfecture de Police pour que soit examinée ou réexaminée la situation de tous les perdants à la grande loterie
des régularisations organisées par la circulaire du 13 juin 2006.
A cette occasion un arbre
sera planté, sur la place de l’Hôtel de ville. L’arbre est un symbole de justice et de vie, de stabilité et de sécurité. On se rassemble autour de l’arbre, on s’y réfugie aussi... Cet arbre
symbolise la réalité et la force des liens et des attaches nouées avec la France par les familles sans-papiers ainsi que la volonté du Réseau Education Sans Frontières de les aider à s’y
enraciner.
Sur les branches de cet arbre, des pétitions et des banderoles
seront accrochées. Autour de cet arbre, des sans papiers, leurs parrains républicains, des amis, des enseignants, des militants du Réseau Education Sans Frontières, des élus prendront la parole.
Un an après la circulaire Sarkozy , nous redirons la volonté des familles sans papiers de vivre en France, légalement, dans la dignité, sans être traquées, pourchassées, arrêtées,
expulsées.
Venez nombreux !
Aujourd'hui, je préside le deuxième comité de pilotage de l'observatoire des familles parisiennes. Vous commencez à vous dire que la vie d'adjointe au
maire n'est vraiment pas drôle? Et bien vous vous trompez! Observer les familles parisiennes, rencontrer des chercheurs, les écouter, ouvrir aujourd'hui les pistes de travail pour demain c'est un
réel enrichissement.
Cet observatoire est récent, et nous avons travaillé sur les familles avant sa création (refonte des aides de la Ville de Paris, création du site familles-paris.fr...) mais il nous apporte
beaucoup. Il nous a permis de vérifier des intuitions, il nous permet de lancer des pistes de recherche, de prendre de la hauteur. Il nous donne aussi la possibilité d'élaborer des outils pour
les politiques publiques de demain.
Voici quelques articles parus dans la presse sur l'Observatoire des familles : Libé, Le Monde, 20 Minutes.
Par Olga Trostiansky
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J’ai présenté la semaine dernière aux maires d’arrondissement le premier rapport de l’Observatoire des familles, instance
unique en France. J’ai demandé sa création en 2005 pour collecter et analyser toutes les données statistiques disponibles (démographie, caractéristiques socio-économiques, logement, petite
enfance, scolarité, loisirs, action sociale…), afin de fournir chaque année un portait réactualisé des familles parisiennes. La précision des données, affinées à l’échelle de l’arrondissement et
parfois même de l’îlot d’habitation, nous permet de conduire une politique au plus près des besoins et des attentes des Parisiens. En voici quelques éléments concernant le
10e.
Le rapport 2007 nous apprend ainsi qu’on compte plus de familles dans le 10e que dans le reste de Paris (22,4% des ménages contre
22%). 42% des personnes y vivent en famille (40,7% à Paris). Le nombre de naissances domiciliées a crû plus rapidement dans notre arrondissement entre 1994 et 2002 qu’en moyenne parisienne (+18%
contre +8%) et se maintient à un niveau élevé, autour de 1.660 par an. Le taux de natalité du 10e est l’un des plus élevés de la capitale. Cette vitalité démographique, sensible depuis 1999, a
sous-tendu notre programme de création de places d’accueil de jeunes enfants. Plus de 500 places nouvelles de crèches et haltes-garderies ont été créées depuis 2001 dans le 10e; il faut
poursuivre l’effort et être d’une grande vigilance en ce qui concerne les décisions de fermetures de classes par le Rectorat.
Les
logements du 10e sont globalement anciens et de petite taille (63% de studios ou de deux pièces) et sont suroccupés, puisque 44% des familles de trois enfants ou plus vivent dans un logement de
une à trois pièces. 14% seulement des familles sont logées dans le parc social (25% à Paris) et on compte davantage de familles demandeuses d’un logement social (21% contre 17%). Si l’on ajoute
que les familles à bas revenus sont plus nombreuses dans le 10e qu’en moyenne parisienne (19% contre 16%) et que, selon la CAF, 2.035 familles du 10e vivaient en 2005 sous le seuil de pauvreté,
cela nous conforte dans l’idée qu’il faut absolument poursuivre l’effort de développement du parc social dans le 10ème, en privilégiant les grands logements.
Autres données, celles qui confirment la grande diversité culturelle de notre arrondissement : les familles étrangères (c’est-à-dire, selon l’INSEE, dont le « chef de
famille » est étranger) y sont plus nombreuses que dans le reste de Paris (31% contre 21%). En 2005, 29% des naissances domicilées dans le 10e étaient issues de parents de nationalité étrangère,
contre 21% à Paris. Il convient donc de développer les initiatives pour mieux accueillir les personnes d’origine étrangère, faciliter leur connaissance de nos services, favoriser leur
intégration, surtout lorsqu’elles ne maîtrisent pas notre langue.
Vous conviendrez que la connaissance de ces éléments est absolument indispensable pour construire un projet municipal cohérent, en prise avec la réalité, au plus près des
besoins des habitants…
Par Olga Trostiansky
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J’ai réuni cette semaine le Conseil consultatif des familles parisiennes (CCFP) pour leur présenter deux nouveaux outils dont j’ai déjà parlé
sur mon blog.
Le 1er rapport de l’Observatoire des familles a passionné cette assemblée, composée de
responsables associatifs, de partenaires institutionnels, de sociologues des familles. Cet outil formidable compile et analyse toutes les données statistiques existantes sur les familles
parisiennes, en terme de démographie, de conditions de vie, de logement, de scolarité, d’accueil de la petite enfance, de loisirs ou encore d’action sociale. Ces données sont très précises, à
l’échelle de l’arrondissement voire de l’iris, c’est-à-dire de l’ilôt d’habitation (soit 2.000 personnes). Les décideurs locaux, les administrateurs, les acteurs de terrain, les chercheurs, tous
voient l’intérêt de disposer d’une photographie des familles, réactualisée chaque année.
Le 2nd outil présenté, le site internet Paris Services Familles, est bien
utile aux
jeunes parents, puisqu’il
leur permet de trouver une garde partagée dans leur quartier et de disposer de toutes les informations pour employer une « nounou » à domicile. Plus de 400 familles s’y connectent
chaque jour.
Pendant toute la mandature, le CCFP a été pour nous un partenaire de premier ordre. Il a contribué par ses propositions à nous permettre de
faire de Paris une ville toujours plus accueillante aux familles, pour leur fournir une meilleure information, pour faciliter leurs déplacements, pour développer notre programme de crèches, pour
faciliter l’investissement des pères auprès de leurs enfants…
En 2002, à sa création, nous avons cherché à faire du CCFP un conseil représentatif de toutes les familles, sans oublier celles que la droite
avait délaissées : foyers monoparentaux, familles homoparentales, familles recomposées… La participation assidue des membres du conseil à nos différents groupes de travail a prouvé que les
représentants de familles souhaitaient ce dialogue, qui, je l’espère, se poursuivra après mars 2008.
Par Olga Trostiansky
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Mercredi 28 novembre 2007
La rencontre de Bertrand Delanoë avec les Parisiens prévue jeudi dans le 4e arrondissement me tient particulièrement à cœur : elle a pour thème
« Paris actif pour ses familles » et sera introduite par Jacques Commaille, professeur à l'École normale supérieure de Cachan, spécialiste de la sociologie politique du droit, notamment de la
famille. Je vous recommande la lecture de son ouvrage paru en 2002 aux éditions La Découverte, « La Politique de la famille ».
Faire de Paris une ville accueillante à toutes les familles, sans discriminations d’aucune sorte, tel a été le principe fondateur qui a sous-tendu notre politique en
directions des familles durant cette mandature qui s’achève. Développer l’accueil de la petite enfance, renforcer le suivi médical des mères et des jeunes enfants, réformer les aides financières
dans un souci d’équité, faciliter les
activités de loisirs partagées entre parents et enfants, penser la question des déplacements dans la Ville ou encore développer l’accompagnement des parents dans leur mission éducative : cette
politique s’est matérialisée autour d’objectifs transversaux, partagés par l’ensemble des élu-es de la majorité municipale.
Bertrand Delanoë a d’ailleurs prononcé lors du Conseil de Paris d’avril 2006 une communication sur les
familles qui décrit les différentes actions mises en œuvre pour les familles parisiennes.
L’enjeu principal de la prochaine mandature, selon moi, sera de territorialiser cette politique, de créer une dynamique de réseau à l’échelle de chaque arrondissement, afin
de créer un véritable continuum autour des familles dès le plus jeune âge des enfants.
Rendez-vous donc pour échanger avec Bertrand Delanoë le 29 novembre à 18h30 à l’Espace des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille du Temple, 4e).
Par Olga Trostiansky
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Vendredi 30 novembre 2007
Je vous convie à assister lundi à un colloque que j’organise en mairie du 9e arrondissement
sur le thème : « être parents d’adolescents à Paris ». Etant mère de trois ados, je me sens
particulièrement concernée par la question !
On parle beaucoup de l’adolescence en danger. La Défenseure des enfants Dominique Versini (ancienne secrétaire d’Etat de Raffarin) vient d’ailleurs de sortir un
rapport sur le sujet, qui contribue à donner une image négative de l’adolescence, forcément en souffrance. Et les médias ne se sont pas privés ces derniers temps de montrer les adolescents comme
des créatures dangereuses qu’il faut neutraliser. Sarkozy doit se frotter les mains. Pourtant, selon une enquête récente, la plupart des ados se sentent bien dans leur peau, l’immense majorité ne
sont pas de dangereux délinquants et pour ceux-là aussi il faut agir. A Paris, depuis 2001, beaucoup de choses ont été faites pour soutenir les adolescents qui connaissent des difficultés, mais
nous nous attachons aussi à favoriser l’autonomisation progressive de tous adolescents, en tenant compte des attentes et des inquiétudes des parents.
C’est l’objet de cette journée de conférence-débat, qui s’articulera autour de quatre thématiques : la scolarité et de l’insertion professionnelle, la santé et de la
sexualité, les loisirs et les groupes de parole pour les parents. Des spécialistes de l’adolescence, sociologues ou psychologues, seront également présents pour nous éclairer sur les évolutions
des relations entre les parents et les adolescents.
Rendez-vous donc à la mairie du 9e (6, rue Drouot), à partir de 9h.
Par Olga Trostiansky
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Alors que la droite au pouvoir persiste à considérer la famille sur le modèle de la sainte Trinité papa-maman-bébé, la Cour européenne des droits de l’homme vient de
lui rappeler qu’il existe d’autres formes de familles que la France devra désormais reconnaître. La Cour a en effet mis fin à une intolérable discrimination en donnant raison à une lesbienne à
qui le conseil général du Jura puis le Conseil d’Etat avaient refusé le droit d’adopter. « La France ne peut plus refuser désormais un agrément [pour l’adoption] à une personne célibataire en
raison de son homosexualité et il en sera de même pour tous les autres pays membres du Conseil de l’Europe », a déclaré la Cour.
Il reste à franchir une nouvelle étape dans la reconnaissance des familles homoparentales : la France doit désormais emboîter le pas à l’Allemagne, à la Belgique ou encore à la Grande-Bretagne en
autorisant l’adoption conjointe par un couple constitué de personnes du même sexe. La Ville de Paris reconnaît l’Association des parents gays et lesbiens comme des interlocuteurs à part entière
sur les questions familiales (cette association fait d’ailleurs partie du Conseil consultatif des familles parisiennes que je préside) ; l’Etat doit de son côté se décider à donner une existence
légale à ces familles, qui vivent toujours dans l’insécurité juridique.
Par Olga Trostiansky
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Daniel Vernet consacre dans « Le Monde» un large papier à « la nouvelle famille allemande » (édition du 24
janvier). Il s’agit moins d’analyser les transformations des familles allemandes, que celles des politiques familiales en Allemagne. Angela Merkel et sa ministre de la famille, des personnes
âgées, des femmes et de la jeunesse, Ursula Von des Leyer, mettent en œuvre une politique qui sans être innovante vient répondre en partie aux besoins des parents. Un équivalent de notre congé
parental a d’ores et déjà rencontré un grand succès et 10% des bénéficiaires de cette nouvelle mesure sont des hommes, 500 000 places de crèches devraient être ouvertes d’ici 2013 et l’Etat
fédéral a entrepris de favoriser l’organisation d’un temps des enfants compatible avec le travail des parents, notamment en proposant des activités durant l’après midi. Ce programme se heurte à
de fortes réticences religieuses et culturelles : les chrétiens–sociaux de Bavière ont obtenu que les mères aux foyer, les «bonnes mères»,
bénéficient d’allocations importantes, car l’Etat ne doit pas selon eux encourager les familles à se débarrasser de leur progéniture. Il repose également sur des justifications curieuses, ainsi
la socialisation et l’éveil des enfants en crèche sont présentés comme «d’autant plus importants pour les familles en difficulté ou pour les familles immigrées ». De récentes
affaires de maltraitance ont pourtant prouvé que la cellule familiale (même allemande!) n’était pas forcément le nid d’épanouissement et de stabilité que les plus conservateurs voudraient qu’elle
soit.
J’ai récemment rencontré des Allemands, des Tchèques et des Autrichiens pour parler de politique familiale, et ils rencontrent tous une
problématique semblable. La démographie s’essouffle, les Gouvernements refusent de faire appel à l’apport démographique de l’immigration et les systèmes économiques, urbains et sociaux s’en
trouvent menacés. Ces premières mesures suffiront-elles à redonner envie aux Allemandes et aux Allemands de faire des enfants? Je suis bien en peine de le dire : ce premier pas politique
fera-t-il changer le regard des mères et des belles mères sur les jeunes couples et leur façon de vivre ? Quel sera le regard des églises sur les transformations de la vie quotidienne des
familles ? Un gouvernement démocratique est-il crédible dans un rôle de promotion des naissances ? Pour ma part, je crois qu’il est plus sain, et sans doute plus facile, de faciliter la
vie des familles telles qu’elles sont, plutôt que telles qu’on voudrait qu’elles soient. Si les Allemands ne souhaitent pas avoir d’enfants, ils existe sans doute de part le monde de nombreuses
familles qui aimeraient vivre en Allemagne, comme bien d’autres aimeraient d’ailleurs vivre en France. L’Europe pourrait avoir le courage d’affirmer que nous devons les accueillir avec
soulagement et joie et respecter leur dignité et l’ensemble de leurs droits. Un beau programme pour la présidence Française de l’Union, non ?
Par Olga Trostiansky
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J’ai dénoncé à plusieurs reprises sur mon blog la funeste loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007, qui fait du maire le grand
ordonnateur de la politique de prévention, lui permettant d’obtenir des informations personnelles sur les familles au même titre que les travailleurs sociaux.
Une pétition circule actuellement sur le net pour alerter l’opinion sur la « base élèves » mise en place fin 2004, en toute discrétion. Cette base de données, qui contient des données
nominatives sur le parcours scolaire de chaque élève, est accessible non seulement par toute la hiérarchie de l’Education nationale, mais potentiellement aussi par le maire, du fait de ses
nouvelles prérogatives.
Même si sous la pression des parents d’élèves la référence à la nationalité a été supprimée (mais pas le lieu de naissance), on peut hélas
s’alarmer que la base soit un nouvel outil de la politique discriminatoire du gouvernement ou de fonctionnaires trop zélés. Les familles sans-papiers sont ainsi directement dans la ligne de
mire…
Je vous invite à signer la pétition en ligne demandant le
retrait de la « base élèves ». Nous sommes déjà 16.500 à l’avoir fait. L’exemple de la pétition « Pas de zéro de conduite pour les enfants de moins de 3 ans » a montré qu’une
mobilisation massive des internautes peut produire des effets.
Par Olga Trostiansky
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