Femmes et Europe

Publié le par Olga Trostiansky

Mes multiples activités me laissent peu de temps pour alimenter ce blog, je vous laisse cependant découvrir la lettre ouverte adressée par la CLEF au Président de la République. Pour une information complète, cette lettre est partie le 25 aout et nous n'avons aucune réponse à ce jour. 

 Monsieur le Président de la République,

La coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF) regrette que la Présidence française de l’Union Européenne n’ait pas pour objectif prioritaire de faire reculer les inégalités entre les sexes, discrimination fondamentale. Malgré une mobilisation importante de la Commission et du Parlement Européen,  la situation des femmes en Europe est loin d’être satisfaisante :

 ·         Les femmes  sont insuffisamment protégées de la violence masculine : les violences intra-familiales, la prostitution et les mutilations sexuelles concernent des millions de femmes dans les 27 pays européens. Le Lobby européen des femmes estime que 45% des européennes ont eu à subir une fois dans leur vie la violence masculine.

 ·         La maîtrise de la contraception par les femmes n’est pas acquise. Par ailleurs, aux trois  pays, Irlande, Malte et Pologne interdisant aux femmes de pratiquer un avortement lorsqu’elles doivent faire face à une grossesse non désirée, s’est ajoutée récemment la Lituanie. L’accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse est très menacé en Italie.

 ·         L’activité professionnelle des femmes est insuffisamment valorisée. Le taux d'emploi des femmes était en 2005 de 56,3 pour cent dans la moyenne de l'UE, de 71,3 pour cent pour les hommes, l’écart de rémunération entre hommes et femmes est en moyenne de 15%, les femmes n’accèdent pas à tous les métiers et la vie de famille pèse largement sur leurs épaules, les obligeant trop souvent à choisir entre s’occuper de leurs enfants ou de leurs parents ou exercer une activité professionnelle.

 ·         Les postes à responsabilité, dans le domaine politique, économique, intellectuel ou social  restent accaparés par les hommes, dans tous les pays européens. Même si des pays nordiques font figure de référence grâce à des lois sur la parité dans les parlements et les conseils d’administration des entreprises, n’oublions pas que l’Irlande, la Grèce, la Hongrie, Malte, la Roumanie et la Slovénie accueillent moins de 15% de femmes dans leurs parlements nationaux.    

 Nous pourrions multiplier les exemples, mais là n’est pas le propos. La Présidence Française de l’Union Européenne doit impérativement permettre d’engendrer une dynamique de réduction des inégalités entre les sexes.

 Les femmes et les hommes n’ont pas besoin de grandes déclarations et de colloques mais de l’application des nombreux textes européens existants, de la mobilisation des services des Etats membres et de la Commission mais aussi de l’implication des territoires autour de la charte des communes et régions d’Europe pour l’égalité des femmes et des hommes au niveau local. La mobilisation de moyens humains et financiers dans chacun des Etat membres doit être élevée au rang de priorité pour que cesse cette inacceptable injustice.

L’assemblée générale du Lobby européen des femmes (Lyon, 23-25 octobre 2008) permettra à la CLEF et aux 26 autres coordinations nationales de partager leurs préoccupations, de valoriser ce qui fonctionne bien, de stigmatiser les échecs et surtout présenter leurs propositions pour une égalité effective.

Nous vous invitons avec tous les hommes et femmes d’Europe, tous les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile de l’Union à soutenir activement l’appel de la Campagne du Lobby Européen des Femmes : « Pas de démocratie européenne moderne sans «égalité femmes-hommes».

 

Publié dans femmes

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